Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /2008 19:55
Je les attends d'un jour à l'autre.
Depuis le temps que j'attends qu'ils sortent en livre de poche.

Le premier : On vous rappelera
" Vous étiez en retard. Pourquoi ? Vous avez démissionné. Pourquoi ? Que font vos parents ? Avez-vous des frères et sueurs ? En quelle année avez-vous eu votre bac ? Vous êtes sûre ? (Il vérifie sur mon CV.) Vous gagniez combien ? Brut ou net ? Vous êtes sûre ? Fixe ? Fixe plus primes ? Pas de primes ? Vous êtes sûre ? Est-ce que vous connaissiez l'entreprise avant de répondre à l'annonce ? Vous consommez ses produits ? Pourquoi, vous trouvez qu'ils ne sont pas bons ? (Il mâchouille son crayon et me regarde fixement.) Pourquoi avez-vous présenté votre candidature ? Vous pensez avoir le profil ? Vous êtes sûre ? Vous n'avez pas beaucoup d'expérience. Quelles sont vos prétentions ? Si je vous dis que vous êtes trop chère, vous me répondez quoi ? Que pensez-vous des autres candidats ? Supportez-vous la pression ? YES, SIR ! NO, SIR ! YES, SIR ! "
Recruteurs sadiques, conseillers ANPE donneurs de leçon, assistantes d'insertion perverses, On vous rappellera est une plongée mordante dans la jungle du recrutement. Une jungle dans laquelle se débattent de plus en plus de jeunes puisqu'un sur cinq est au chômage et que les diplômes ne sont plus une garantie d'emploi.


Le second : Le cimetière des poupées
"Au fond ça doit vous plaire de parler de moi. Qui ne cherche pas dans te journal les articles qui me sont consacrés, qui ne s'intéresse pas, qui ne s'interroge pas sur des causes, des raisons, ne cherche pas à comprendre, ne se sent pas écoeuré, dégoûté, mais renvoyé à soi, à sa noirceur, à ses possibles? Moi je les ai accomplis vos possibles, j'ai endossé les crimes de chacun, les velléités, les fantasmes, les désirs profonds inavoués, les refoulés, les lâchetés, les haines. Pour vous je suis passée à l'acte, je suis sortie du champ social, je suis devenue ta reine, la folle, ta sorcière, ces personnages qu'on peut montrer du doigt avant de rentrer chez soi soulagé. Aujourd'hui on me regarde, n'est-ce pas ? On me regarde quand je me suis retirée de la scène, lors même que je n'apparaîtrai plus. Tu ne peux plus détourner les yeux, tu ne peux plus faire semblant, aujourd'hui j'existe, mais hier?"
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Publié dans : Sur mon chevet
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